Kasztner, traitre ou héros juif

Kasztner, traitre ou héros juif pendant la seconde guerre mondiale.

Rudolf Katszner était né en Hongrie en 1906, dirigeant du Va’adat Ezrah Vehatzalah (Vaada), ou Comité d’Aide et de Secours, pendant l’occupation de la Hongrie par les nazis.

Il avait négocié avec Eichmann pour sauver la vie de 1684 juifs hongrois et diriger le train qui devaient les emmener à Auschwitz vers la Suisse, vers la liberté.

L’élément central de l’accord avec Eichmann était le fameux « Goods for Blood », un arrangement à travers lequel les nazis troquaient des vies juives contre de l’argent, des armes, et des vivres pendant la période de guerre.

Oskar Schindler le considérait comme « l’homme le plus courageux qu’il ait rencontré »

Le train de Kasztner

Kasztner n’hésita pas à négocier avec Adolf Eichmann , pour organiser, contre paiement d’une rançon, le sauvetage de 1.684 juifs hongrois.

Les passagers comprenaient 199 sionistes de Transylvanie et 230 de Budapest, et 126 juifs orthodoxes et ultra-orthodoxes, dont 40 rabbins ; l’un des rabbins était Joel Teitelbaum , le rabbin de Satmar .

 Il y avait des savants, des artistes, des femmes au foyer, des paysans, des fermiers, des industriels, des banquiers, des journalistes, des enseignants et des infirmières. 

L’écrivain Béla Zsolt était à bord, tout comme le psychiatre Léopold Szondi , le chanteur d’opéra Dezső Ernster , l’artiste István Irsai , et Peter Munk , devenu homme d’affaires au Canada.

Il y avait également 388 personnes de la ville natale de Kastner, Cluj, dont des membres de la famille.

Sa mère, Helen Kastner, a reçu une place, ainsi que son frère Ernő, sa femme enceinte Bogyó (elle a donné naissance à une fille, Zsuzsi, en Suisse en décembre 1944), ainsi que son père József Fischer, et d’autres proches.

Chaque passager était autorisé à apporter deux vêtements de rechange, six ensembles de sous-vêtements et de la nourriture pendant 10 jours.

Trois valises d’argent liquide, de bijoux, d’or et d’actions, d’un montant d’environ 1 000 $ par personne (équivalent à 15 000 $ en 2020), ont été payées en rançon à l’ officier SS Kurt Becher

Qui était Rudolf Kasztner ?

Un héros qui a sauvé 1.684 juifs hongrois de l’extermination durant la Seconde guerre mondiale ou une crapule qui n’a pas hésité « à vendre son âme au diable » en négociant ce sauvetage avec les nazis ?

Il est évident que pour pouvoir négocier directement avec Eichmann, Rudolf Kasztner a dû fréquenter le milieu SS de Hongrie.

Il est certain qu’il n’a pas pu sauver tous les juifs de Hongrie tout en sachant pertinemment qu’ils allaient à la mort.

Homme politique israélien après la création de l’état d’Israël, il a été accusé par l’extrême droite d’être un traitre et d’avoir « vendu son âme au diable. »

Il lui a été reproché de secourir certains juifs en échange du silence sur le sort de la masse des Juifs hongrois.

Il fut condamné par la justice israélienne en 1954, condamnation annulée par la cour suprême en 1958.

Un an avant, en mars 1957, Rudolf Kasztner est assassiné par un extrémiste religieux devant son domicile à Tel-Aviv .

Un journaliste et politicien a donc mené une campagne pour réhabiliter le nom de Kasztner.

Également juif hongrois, il s’appelait Tommy Lapid, père de Yair Lapid, dirigeant du parti actuel Yesh Atid.

La petite fille de Kasztner est Merav Michaeli la nouvelle Ministre des transports.

Quel doit être la position des extrémistes religieux aujourd’hui ?

En juillet 2007, la famille de Kasztner est venue à Yad Vashem faire don de ses archives privées.

« Si l’on voulait rassembler tous les enfants et les enfants de ces enfants sauvés par Kasztner pendant la guerre, le plus grand stade d’Israël n’y suffirait pas

Il n’y a pas eu d’homme dans l’histoire de l’holocauste qui ait sauvé tant de juifs tout en subissant autant d’injustice »